Thursday, March 30, 2006

MAHAMAT NOUR, le boucher du Darfour

Mahamat Nour Abdelkrim, tchadien de l’ethnie Tama, âgé approximativement de 45 ans, a commencé sa carrière dans l'armée tchadienne avant d'entrer en dissidence au Soudan où il a commandé des forces paramilitaires armées par le gouvernement soudanais dans le but d’exterminer les populations en rébellion contre Khartoum.
Après avoir combattu aux côtés des colonels Idriss Déby et Maldom Bada Abbas pour chasser Hissein Habré du pouvoir en décembre 1990, Mahamat-Nour Abdelkrim (ancien Préfet de Biltine puis chef du Centre de Formation Militaire dans la région d’Iriba), entre en dissidence avec l’ANTD (Armée Nationale Tchadienne pour la Démocratie) contre le président Déby en 1994.
En 1995, l’ANTD, le CNR, le FNT et le CDR vont fusionner pour donner naissance à l’ANR (Alliance Nationale pour la Résistance) sous la présidence de Mahamat Garfa.
En 2002, après la signature des accords de paix avec le régime du président Déby à Libreville, grâce à la médiation du Président Omar Bongo Ondimba, Mahamat Nour se désolidarise de l’ANR pour se rapprocher du gouvernement soudanais. Ainsi le capitaine Mahamat Nour Abdelkrim se lie au milieu des affairistes du secteur pétrolier à Khartoum. Il parvient ainsi à se faire une fortune dans ce secteur qui lui réussit fort bien.
Cependant, Mahamat Nour Abdelkrim n’avait pas pour autant quitté le treillis. En effet, celui-ci profite de l’année 2002 marquée par un ralentissement de ses activités contre le régime de Déby pour reprendre en main les anciens camps d’entrainement d’Al Qaïda au Soudan à son profit après l'isolement de Ben Laden en Afghanistan. Ses sympathies pour les milieux islamistes hébergés au Soudan avant 2001 lui permettent d’obtenir de Khartoum la création de milices paramilitaires fortement armées et encadrées par des membres d'Al Qaïda restés au Soudan.
C’est dans le courant de l’année 2003 que ses milices entrent en action pour la première fois dans des opérations de nettoyages ethnique contre des villages chrétiens du sud Soudan dont les populations de plusieurs centaines d'habitants sont massacrées. Mahamat Nour ne juge pas utile de se rendre sur place et préfère déléguer le commandement à son fidèle chef des opérations, Abdallah Gogue.
Cette même année 2003, le gouvernement soudanais décide d'affecter le capitaine Nour et ses troupes à une autre épuration ethnique, d'un autre niveau celle-là : le meurtre systématique des populations Zaghawa au Darfour. Khartoum lui confie alors le contrôle de milliers de cavaliers arabes Djandjawhids, simples bandes désorganisées avant son arrivée qu’il va avec ses milices transformer en une terrible machine de terreur. Dès lors, le massacre prend une autre dimension. Des dizaines de milliers de civils vont être tuées. Des centaines de milliers déplacées. Il est à noter que les populations de l'ethnie Zaghawa, massacrées au Darfour, sont aussi une composante importante de la population tchadienne. Nour commet donc un crime contre son peuple tchadien!
Fin 2003, le capitaine Mahamat Nour contrôlant d’importantes milices Djandjawhids au Darfour va s’essayer à reprendre en main les éléments paramilitaires restés fidèles à l’ANR. Il parvient à réunir les éléments disparates autour des siens afin de les coordonner par ses moyens propres dans un no man’s land aux confins du Tchad et du Soudan. Il multiplie les contacts avec quasiment toutes les tendances dissidentes au régime d’Idriss Déby. Il restructure son état-major autour de trois guerriers redoutables qui, aux dires de leurs amis, ne reculent devant rien et attendent impatiemment le feu vert pour lancer une offensive de grande envergure. Cet état-major a pour principaux piliers l’effroyable Béchir Hamdan (chef d’Etat-major), le terrible Abdallah Gogue (Commandant des opérations) et le consciencieux ingénieur en informatique Ismaïl Idriss (Chargé de la logistique). Mahamat Nour est en fait devenu l'homme des basses besognes du gouvernement Soudanais, un peu comme Arkan l’était avec Milosevic car, tout au long de l’année 2004, avec son petit groupe de mercenaires tchadiens, Nour semble plus avoir le goût du sang et de l'argent que celui de l’intérêt général du peuple tchadien.
Fin octobre 2005, il constitue un mouvement-politico militaire à la frontière Soudano-tchadienne afin de préparer son entrée sur la scène politique. Il nomme sa milice le Rassemblement pour la Démocratie et la Liberté (RDL). A cette même date il fait exécuter la plupart des commandants militaires de l’ANR. Ceux qui en ont réchappé sont arrêtés et emprisonnés à Khartoum.
Le 18 décembre 2005, regroupant des troupes composées en grande partie de très jeunes tchadiens, dont plusieurs enfants-soldats, il fait lancer une attaque suicide sur la garnison d'Adré où des dizaines de ces très jeunes soldats sans expérience du combat sont sacrifiés alors même que le commanditaire de cette attaque se fait de nouveau remarquer par son absence sur le champ de bataille, Nour dirigeant les opérations depuis Khartoum. Depuis lors et à cause de ce fou incontrôlé, le Tchad et le Soudan sont désormais au bord de la guerre.
Après autant de trahisons, mais surtout parce qu'il a très récemment menacé de mort le sultan Tama de Guéréda, Mahamat Nour est un homme traqué. Les Tamas, les Zaghawa, le gouvernement tchadien, l'ONU et les 1500 soldats français présents au Tchad essayent de l'attraper. Peut-être faudra-t-il attendre que son protecteur soudanais le lâche ce qui pourrait arriver assez rapidement, l'encombrant "boucher du Darfour" ayant connu un fiasco majeur dans l'attaque de la ville d'Adré.
En tout état de cause, il faut faire pression sur la communauté internationale et sur la Cour Pénale Internationale, afin que son arrestation soit la plus rapide possible.
Cliquez sur cette adresse pour envoyer un email à la Cour Pénale Internationale, demandant l'arrestation immédiate de Mahamat Nour Abdelkrim: pio@icc-cpi.int
Ou visitez le site officiel de la Cour Pénale Internationale pour plus de détails: http://www.icc-cpi.int/about/ICC_contact.html&l=fr

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